Deux appels d'offres sur la veille de l'opinion dans l'éducation suscitent la critique

PARIS, 12 nov 2008 (AFP) - Deux appels d'offres lancés par les ministères de l'Education et de l'Enseignement supérieur, ayant pour objet de repérer les mouvements d'opinion, notamment sur internet, a suscité les critiques de deux syndicats enseignants, qui réclament davantage de dialogue social. 

Les ministères de Xavier Darcos et Valérie Pécresse ont chacun lancé, au bulletin officiel des marchés publics du 4 novembre, un appel d'offre, respectivement d'un montant de 100.000 et 120.000 euros dont l'objet est "la veille de l'opinion dans les domaines de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche". Selon le cahier des clauses particulières, il s'agit notamment d'"anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise", d'"alerter et préconiser en conséquence" ou encore de "repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte et analyser leur potentiel d'influence". La veille devra porter sur internet ("médias en ligne", "sites des syndicats", "blogs", "forums grand public", "pages personnelles", etc.) ainsi que sur la presse écrite, les dépêches d'agence de presse, les baromètres études et sondages. (...)

Dans un communiqué, le Sgen-CFDT a estimé que cet argent "pourrait être investi plus utilement dans le dialogue social". "Nos ministres n'envisagent donc pas d'autres moyens de connaître l'opinion et les attentes de leurs personnels que par la surveillance des échanges sur le net ?", s'interroge-t-il. Dans un autre communiqué, le SE-Unsa "rappelle que le dialogue social avec les organisations représentatives" exerce lui-même des "fonctions d'analyse, de prévention et de règlement des problèmes". En outre, il "constate que la chasse systématique aux dépenses qui, lorsqu'il s'agit des personnels et des élèves, se traduit par des milliers de suppressions d'emplois et des restrictions massives des crédits budgétaires, peut souffrir des exceptions lorsqu'il s'agit d'un service du ministre".